Le journal de l’atelier
Perséides 2026 : le guide du photographe pour observer et capturer les étoiles filantes
Chaque année, le mois d’août offre l’un des plus beaux spectacles du ciel nocturne : les Perséides. Que l’on soit passionné d’astronomie, amateur de photographie de paysage ou simplement curieux, cette pluie d’étoiles filantes est toujours un moment particulier.
En tant que photographe, j’apprécie particulièrement cette période. Photographier une étoile filante demande de la préparation, un peu de technique… mais surtout de la patience. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas nécessaire de posséder un télescope ou un matériel hors de prix. Avec un appareil photo, un trépied et un ciel suffisamment sombre, chacun peut réaliser de belles images.
Dans cet article, je vous propose de découvrir ce que sont réellement les Perséides, les meilleurs moments pour les observer en 2026, les lieux les plus propices en France et les réglages qui vous permettront de repartir avec des photographies réussies.
Les Perséides, qu’est-ce que c’est exactement ?
Lorsque l’on parle d’étoiles filantes, on imagine souvent une étoile traversant le ciel. En réalité, il ne s’agit pas d’étoiles.
Les Perséides sont de minuscules poussières laissées dans l’espace par la comète Swift-Tuttle. Chaque été, la Terre traverse cette zone. En pénétrant dans notre atmosphère à une vitesse pouvant dépasser 200 000 km/h, ces particules s’échauffent instantanément et produisent une traînée lumineuse : le météore, plus communément appelé étoile filante.
Le nom « Perséides » vient du fait que ces météores semblent provenir d’une même région du ciel, située dans la constellation de Persée. Ce point apparent est appelé radiant.
Il est important de savoir que les étoiles filantes peuvent apparaître dans pratiquement toutes les directions du ciel. Il n’est donc pas nécessaire de cadrer uniquement la constellation de Persée pour réussir une belle photographie.
La nuit des étoiles filantes
Le rendez-vous incontournable de l’été.
Pourquoi les Perséides sont-elles si célèbres ?
Parmi toutes les pluies de météores observables au cours de l’année, les Perséides sont certainement les plus populaires.
Plusieurs raisons expliquent cet engouement :
- elles se produisent au cœur de l’été ;
- les températures sont généralement agréables ;
- les nuits sont souvent dégagées ;
- leur activité est importante avec plusieurs dizaines de météores par heure lorsque les conditions sont favorables.
Pour les photographes, c’est également l’une des meilleures occasions de réaliser des images mêlant paysage, Voie lactée et étoiles filantes.
Conseil du photographe
J’arrive toujours sur place avant le coucher du soleil. Cela me permet de repérer les lieux, de choisir mon cadrage, d’installer le matériel tranquillement et d’éviter de chercher un emplacement dans l’obscurité.
Si j’ai besoin de lumière j’utilise une petite lampe frontal (lumiere rouge)
Quand observer les Perséides en 2026 ?
L’essaim des Perséides est visible chaque année entre la seconde moitié du mois de juillet et la fin du mois d’août.
Le maximum d’activité est attendu dans la nuit du 7 au 9 2026.
Cette édition est particulièrement intéressante, car la Lune sera quasiment absente du ciel au moment du pic d’activité. L’obscurité sera donc optimale pour observer les météores les moins lumineux et photographier la Voie lactée dans de très bonnes conditions.
Cela ne signifie pas qu’il faut absolument sortir uniquement cette nuit-là. Les soirées précédant et suivant le maximum offrent souvent un très beau spectacle, avec l’avantage d’être moins fréquentées sur les sites d’observation.
Où observer les Perséides en France ?
À Lyon
- Les Monts du Lyonnais
- Le haut Beaujolais
- Le Pilat
- Les Cévennes
- Les Alpes et le Vercors
- Le Morvan
- Les Causses du Quercy
Le meilleur endroit est tout simplement celui où le ciel est le plus sombre.
La pollution lumineuse produite par les villes masque une grande partie des étoiles et réduit considérablement les chances d’observer les météores les plus faibles.
- un horizon largement dégagé ;
- très peu d’éclairage artificiel ;
- un premier plan intéressant pour la composition de l’image.
Quel matériel utiliser pour photographier les Perséides ?
Bonne nouvelle : il n’est pas nécessaire de posséder un équipement astronomique pour réaliser de belles images. Un appareil photo hybride ou reflex récent suffit largement.
L’important est surtout de pouvoir travailler en mode manuel et d’enregistrer les photos au format RAW, afin de conserver un maximum d’informations lors du développement.
Conseil du photographe
- un appareil photo permettant le réglage manuel ;
- un objectif grand-angle lumineux (personnelement 14 – 35mm f1,4)
- un trépied stable ;
- une télécommande ou un intervallomètre pour enchaîner les prises de vue ;
- des batteries de rechange et une carte mémoire de grande capacité.
Les réglages que je conseille
Il n’existe pas de réglage universel. Chaque appareil réagit différemment et les conditions de prise de vue varient selon la luminosité du ciel.
En revanche, cette base fonctionne dans la majorité des situations.
|
Réglage |
Valeur conseillée |
|
Mode |
Manuel (M) |
|
Format |
RAW |
|
Ouverture |
f/1,4 à f/2,8 |
|
Temps de pose |
10 à 20 secondes |
|
ISO |
1600 à 6400 |
|
Balance des blancs |
3800 à 4200 K |
|
Mise au point |
Manuelle sur l’infini |
Photographier en continu : la clé de la réussite
Une erreur fréquente consiste à attendre qu’une étoile filante apparaisse avant de déclencher.
Malheureusement, il est impossible de prévoir précisément leur trajectoire.
La meilleure méthode consiste donc à laisser l’appareil photographier sans interruption.
Avec un intervallomètre, je programme généralement :
- 15 à 20 secondes de pose ;
- une seconde entre chaque image ;
- plusieurs centaines de photos pendant deux ou trois heures.
Cette méthode augmente considérablement les chances de capturer plusieurs météores.
Elle permet également de sélectionner ensuite les meilleures images sans avoir eu besoin d’anticiper le passage d’une étoile filante.
La règle des 500 : éviter le flou des étoiles
500 ÷ la focale de l’objectif (en équivalent plein format) = temps de pose maximal en secondes.
Quelques exemples :
- 14 mm → 500 ÷ 14 = 36 s
- 20 mm → 500 ÷ 20 = 25 s
- 24 mm → 500 ÷ 24 = 21 s
- 35 mm → 500 ÷ 35 = 14 s
Lorsque l’on photographie le ciel de nuit, la Terre continue de tourner. Si le temps de pose est trop long, les étoiles ne sont plus des points mais deviennent de petits traits.
Pour estimer le temps de pose maximal, on utilise souvent la règle des 500 :
Cette règle constitue un excellent point de départ, mais les capteurs haute définition sont aujourd’hui plus exigeants. Pour obtenir des étoiles parfaitement ponctuelles, il est souvent préférable de réduire légèrement le temps de pose par rapport au résultat obtenu avec la règle des 500.
Conseil du photographe
si vous hésitez entre 20 et 15 secondes, choisissez la valeur la plus courte. Vous conserverez des étoiles plus nettes et il sera toujours possible de compenser avec une ouverture plus grande ou une légère augmentation des ISO.
Photographier les Perséides, c’est aussi profiter du moment
N’oubliez pas !
Profitez de l’instant, oubliez votre appareil photo de temps en temps.